"De toute façon le féminisme est à la mode maintenant"
Se déclarer féministe est loin d'être quelque chose d'anodin : il s'agit d'une prise de position militante et politique. Pourtant cela paraît presque facile : "Si tu es pour l'égalité entre les hommes et les femmes, alors tu es féministe" peut-on lire sur certaines affiches en manifestation, ou sur certains posts instagram. On peut cependant se poser légitimement une question : les choses sont-elles aussi simples ?
Premièrement, rappelons qu'il existe une infinité de genres entre les désignations binaires "homme" et "femme". Si le féminisme se résumait à vouloir l'égalité, ce serait donc bien entre toutes les personnes sans distinction de genre. Mais là encore, il reste un problème : est-ce qu'aspirer à cette égalité est suffisant pour se déclarer féministe ?
Ici encore, les opinions divergent (voir l'article à venir sur les différents courants féministes), toustes les militant.e.s ne sont pas d'accord. Globalement, on distinguera deux écoles :
La première chose à intégrer, c'est qu'une personne féministe fait plus que vouloir l'égalité, elle agit selon ses idées. On connaît toustes cet oncle qui "n'est pas sexiste mais" se permet de tenir des propos discriminants. Etre féministe, c'est bien plus qu'un titre qu'on s'autoproclame : c'est une façon d'agir et de vivre.
Alors attention, nous avons tous des biais sexistes, personne n'est parfait. Vivre selon ses idées ce n'est pas ne jamais commettre d'erreur, mais c'est d'être capable de les identifier et de les corriger. Par exemple, si tu croises une nouvelle et un nouveau collègues dans l'ascenseur et que tu admets sans y penser que l'homme est là pour le poste de directeur et la femme pour celui de secrétaire, c'est un biais sexiste. Pour autant, le tribunal féministe ne va pas surgir de l'escalier pour te traduire en justice ; l'important, c'est de remarquer ce biais, et de le corriger, en reprenant tes collègues sur leurs remarques au sujet de la jupe de cette nouvelle par exemple.
Pour être féministe, on doit donc agir en tant que tel. C'est une distinction importante, car depuis quelques années on assiste à une recrudescence de "wokefishing", terme qui traduit le fait d'utiliser des idées progressistes (notamment féministes) pour draguer en se faisant passer pour un mec bien et safe. Il faut donc se méfier de ces hommes qui se prétendent féministes sans pour autant agir comme tel, qui peuvent parfois être plus que des menteurs : il y a de nombreux témoignages de femmes ayant subi des agressions de la part d'hommes utilisant leur aura féministe pour se cacher et se protéger. C'est particulièrement le cas sur les sites de rencontre, où l'on peut voir régulièrement des hommes afficher des convictions féministes sur leur profil pour violer ou agresser en particulier des féministes.
Premièrement, rappelons qu'il existe une infinité de genres entre les désignations binaires "homme" et "femme". Si le féminisme se résumait à vouloir l'égalité, ce serait donc bien entre toutes les personnes sans distinction de genre. Mais là encore, il reste un problème : est-ce qu'aspirer à cette égalité est suffisant pour se déclarer féministe ?
Ici encore, les opinions divergent (voir l'article à venir sur les différents courants féministes), toustes les militant.e.s ne sont pas d'accord. Globalement, on distinguera deux écoles :
- tout le monde peut se déclarer féministe du moment que ses actions et pensées correspondent à des idées féministes
- le terme féministe doit être réservé aux personnes sexisées, les hommes cisgenres pouvant donc être des alliés
La première chose à intégrer, c'est qu'une personne féministe fait plus que vouloir l'égalité, elle agit selon ses idées. On connaît toustes cet oncle qui "n'est pas sexiste mais" se permet de tenir des propos discriminants. Etre féministe, c'est bien plus qu'un titre qu'on s'autoproclame : c'est une façon d'agir et de vivre.
Alors attention, nous avons tous des biais sexistes, personne n'est parfait. Vivre selon ses idées ce n'est pas ne jamais commettre d'erreur, mais c'est d'être capable de les identifier et de les corriger. Par exemple, si tu croises une nouvelle et un nouveau collègues dans l'ascenseur et que tu admets sans y penser que l'homme est là pour le poste de directeur et la femme pour celui de secrétaire, c'est un biais sexiste. Pour autant, le tribunal féministe ne va pas surgir de l'escalier pour te traduire en justice ; l'important, c'est de remarquer ce biais, et de le corriger, en reprenant tes collègues sur leurs remarques au sujet de la jupe de cette nouvelle par exemple.
Pour être féministe, on doit donc agir en tant que tel. C'est une distinction importante, car depuis quelques années on assiste à une recrudescence de "wokefishing", terme qui traduit le fait d'utiliser des idées progressistes (notamment féministes) pour draguer en se faisant passer pour un mec bien et safe. Il faut donc se méfier de ces hommes qui se prétendent féministes sans pour autant agir comme tel, qui peuvent parfois être plus que des menteurs : il y a de nombreux témoignages de femmes ayant subi des agressions de la part d'hommes utilisant leur aura féministe pour se cacher et se protéger. C'est particulièrement le cas sur les sites de rencontre, où l'on peut voir régulièrement des hommes afficher des convictions féministes sur leur profil pour violer ou agresser en particulier des féministes.
"Admettons alors qu'un homme cisgenre agisse et pense selon des idées féministes, il a donc le droit de se proclamer féministe !"
Eh bien... Pas forcément. Encore une fois, ce point est sujet à débat dans la communauté, mais le terme "d'homme féministe" pose plusieurs problèmes :
Souvent sans s'en rendre compte certains hommes qui se disent féministes reproduisent des comportements discriminants, mais c'est aussi parfois à dessein : ils « ne visent rien de moins qu’à maintenir leur pouvoir jusqu’à l’intérieur du petit bastion de résistance à ce pouvoir » (Christine Delphy).
- Le féminisme est d'abord une affaire de personnes subissant le sexisme, ce qui exclue d'emblée les hommes (voir "Le sexisme anti-homme"). Le vécu d'une personne sexisée ne peut être comparé à celui d'un homme cis n'ayant jamais expérimenté le sexisme, placer leurs convictions et leur combat sur le même plan d'égalité est donc problématique
- Donner aux hommes combattant le sexisme le même statut que celui accordé aux personnes sexisées combattant le patriarcat sous entend encore que ces dernières auraient besoin d'une aide masculine pour leur combat. C'est d'ailleurs une idée assez répandue : on entend parfois que "la nouvelle vague du féminisme passera par les hommes" ; or, c'est exactement ce que le féminisme cherche à éviter : il a pour vocation de permettre aux personnes sexisées de s'émanciper, certainement pas de recréer une dépendance aux hommes
- Lors de regroupements féministes mixtes, on observe très souvent que les hommes prennent beaucoup de place dans les débats, monopolisent beaucoup la parole, allant jusqu'à prendre le microphone pendant des marches féministes, remettre en cause la parole de concerné.e.s... Ces comportements sont très problématiques puisqu'ils reproduisent dans une sphère militante les schémas patriarcaux que ce militantisme cherche justement à détruire
Souvent sans s'en rendre compte certains hommes qui se disent féministes reproduisent des comportements discriminants, mais c'est aussi parfois à dessein : ils « ne visent rien de moins qu’à maintenir leur pouvoir jusqu’à l’intérieur du petit bastion de résistance à ce pouvoir » (Christine Delphy).
"Alors, ils deviennent quoi les hommes qui veulent aider ?"
Ce sont des "alliés", des personnes qui cherchent à lutter contre le sexisme sans être directement concernés.
En tant qu'alliés, leur travail est de permettre aux personnes concernées d'être entendues, d'éduquer leur entourage et d'aider les personnes concernées du mieux qu'ils le peuvent. Ce n'est pas un déclassement, ce n'est pas moins bien que de se déclarer féministe, c'est juste un autre mot, avec un autre sens. Le travail d'allié n'est pas moins important, au contraire : en tant qu'hommes, vous avez la parole dans cette société, vous êtes entendus et écoutés. Alors si vous en avez la possibilité, pensez à passer la parole aux personnes sexisées et aux femmes de votre entourage : reprenez vos collègues masculins qui coupent la parole aux femmes pendant les réunions, valorisez le travail de cette collègue dont certains s'attribuent les mérites... Et si vous avez le micro, alors parlez du féminisme, dans votre entourage, votre travail, vos cercles amicaux etc.
En tant qu'alliés, leur travail est de permettre aux personnes concernées d'être entendues, d'éduquer leur entourage et d'aider les personnes concernées du mieux qu'ils le peuvent. Ce n'est pas un déclassement, ce n'est pas moins bien que de se déclarer féministe, c'est juste un autre mot, avec un autre sens. Le travail d'allié n'est pas moins important, au contraire : en tant qu'hommes, vous avez la parole dans cette société, vous êtes entendus et écoutés. Alors si vous en avez la possibilité, pensez à passer la parole aux personnes sexisées et aux femmes de votre entourage : reprenez vos collègues masculins qui coupent la parole aux femmes pendant les réunions, valorisez le travail de cette collègue dont certains s'attribuent les mérites... Et si vous avez le micro, alors parlez du féminisme, dans votre entourage, votre travail, vos cercles amicaux etc.
Les alliés ont une place essentielle dans le féminisme, car relayer la parole féministe jusqu'aux sphères de pouvoir contribue énormément à faire changer les choses.