La transidentité
La transidentité est le fait de ne pas se reconnaître dans le genre qui nous a été assigné à la naissance. La transidentité n'est pas un genre, mais bien une de ces caractéristiques : on peut être un homme, une femme ou une personne non binaire tout en étant transgenre. Les personnes qui ne sont pas transgenres sont cisgenres (iels se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance). Certaines personnes non binaires se considèrent comme étant transgenres.
La transidentité peut entraîner un profond mal-être, puisque les personnes transgenres sont constamment renvoyées à un genre qui ne leur correspond pas. Ce mal-être (qui n'est pas obligatoire) peut être provoqué par différentes choses :
La transidentité peut entraîner un profond mal-être, puisque les personnes transgenres sont constamment renvoyées à un genre qui ne leur correspond pas. Ce mal-être (qui n'est pas obligatoire) peut être provoqué par différentes choses :
- le mégenrage : mégenrer quelqu'un est le fait d'employer les mauvais pronoms en s'adressant à iel (par exemple utiliser "il" en s'adressant à une femme). Les personnes transgenres sont constamment mégenrer, ce qui leur donne l'impression qu'iels ne sont pas légitimes dans leur genre, ce qui peut être très désagréable.
- la dysphorie de genre : la dysphorie est un sentiment ressenti par certaines personnes trans lorsque leur corps n'est pas en accord avec le genre avec lequel iels s'identifient (par exemple avoir une poitrine développée pour un homme, avoir un pénis pour une femme...). Ce sentiment peut se caractériser par le fait de ne pas se reconnaître dans le miroir, avoir l'impression que notre corps ne nous appartient pas (dépersonnalisation) ou par un profond mal-être à la vue de certaines parties de son corps. Le sentiment contraire est l'euphorie de genre, un sentiment de bien-être qui intervient lorsqu'une personne trans est confortée dans son genre (par son apparence, par le respect de ses pronoms...)
Pour limiter ces sentiments négatifs, il est important de genrer correctement chaque personne (utiliser les bons pronoms, les bons accords etc.). Cependant cela ne permet pas toujours de régler la dysphorie, il existe donc des moyens médicaux pour aider les personnes trans en souffrance.
Les transitions
On appelle transition toute opération, souvent médicale, visant à modifier son apparence pour que cette dernière corresponde à son genre. Cela va donc de la prise d'hormones à des opérations génitales, ou de réduction mammaire, mais aussi le fait de se couper les cheveux, de porter un binder... Le but est de modifier son apparence pour limiter la dysphorie, et permettre de se sentir bien dans son corps.
Les premières étapes d'une transition sont souvent non médicales :
Les premières étapes d'une transition sont souvent non médicales :
- se couper / laisser pousser les cheveux
- se maquiller (pour se sentir "plus femme" : adoucir la mâchoire, recouvrir la barbe, affiner les traits, maquiller les yeux... / pour se sentir "plus homme" : créer une barbe ou une moustache, rendre sa mâchoire plus carrée...)
- porter un binder pour plaquer sa poitrine / faire une poitrine avec des paires de chaussettes
- donner l'impression d'un pénis avec des paires de chaussettes
- etc.
Cependant cela ne suffit parfois pas à régler la dysphorie de genre de certaines personnes, qui ont alors besoin d'une aide médicale :
- la prise d'hormones (testostérone, œstrogènes) permet de modifier le corps (répartition des graisses, développement de la masse musculaire, changement de voix...)
- utiliser des bloqueurs hormonaux (arrêt des règles, arrêt des érections...)
- chirurgies de réattribution sexuelle :
- ablation mammaire (retirer la poitrine)
- augmentation mammaire (création d'une poitrine)
- chirurgie génitale (création / ablation du pénis, création d'une vulve...)
- création d'une vulve : construction d'un vagin, d'un clitoris et des lèvres, retirer les testicules, la verge. La peau de cette dernière sert à tapisser les parois du vagin (il est parfois nécessaire d'avoir recours à une greffe). Le clitoris est reconstruit à partir des tissus du gland.
- la métoïdioplastie, modification du clitoris hypertrophié sous l'influence de la testostérone
- la phalloplastie, construction d'un pénis en utilisant un lambeau cutané, le plus souvent prélevé au niveau d'un bras (une prothèse est incluse permettant d'avoir une certaine rigidité). Les grandes lèvres sont utilisées pour la constitution d'une poche scrotale avec la mise en place de deux prothèses testiculaires.
Ces interventions médicales ne peuvent se faire que sur prescription d'un médecin, et les démarches pour obtenir les autorisations sont longues et compliquées. En France il est exigé :
- Dysphorie de genre persistante et bien documentée, constatée par un professionnel de santé ;
- Capacité d'être complètement informé de la décision, et consentant au traitement ;
- Âge de la majorité dans un pays donné (ou consentement des représentants légaux, selon l'âge de l'enfant ou de l'adolescent);
- Si des préoccupations médicales, ou de santé mentale, significatives, sont présentes, elles doivent être raisonnablement bien contrôlées.
- souvent il est demandé une expérience de vie réelle (vivre publiquement en exprimant son genre pour en éprouver tous les aspects)
Chaque parcours de transition est unique et tous sont légitimes, on n'est d'ailleurs pas obligé.e de transitionner pour être légitime dans le genre que l'on ressent. Transitionner peut être un véritable parcours du combattant, puisque les personnes qui décident de le faire sont confrontées à la transphobie médicale et de leur entourage.
ATTENTION : il est extrêmement impoli et violent de questionner une personne transgenre sur sa transition, ou pour le dire plus vulgairement, sur "ce qu'elle a dans le pantalon". De même que personne ne viendra vous demander la taille de votre pénis ou votre tour de poitrine (du moins je l'espère) la transition d'une personne trans est un sujet sensible et personnel. C'est un sujet qui peut même être délicat à aborder entre amis proches, alors avec des inconnus n'en parlons même pas. Vous avez le droit d'être curieux.se, cet article est là pour ça, mais vous avez surtout le devoir de garder cette curiosité pour vous.
Note : on parlera toujours de transition, et non pas de "transformation", puisqu'une personne trans avant / après une transition est toujours la même personne, elle ne se transforme pas tel un Pokémon ! De même, on parle de personnes transgenres et pas de personnes "transexuelles" : "transexualité" était le terme médical utilisé lorsque la transidentité était considérée comme une maladie, on n'utilise donc plus ce terme, qui est ressenti comme offensant par beaucoup de personnes trans.
ATTENTION : il est extrêmement impoli et violent de questionner une personne transgenre sur sa transition, ou pour le dire plus vulgairement, sur "ce qu'elle a dans le pantalon". De même que personne ne viendra vous demander la taille de votre pénis ou votre tour de poitrine (du moins je l'espère) la transition d'une personne trans est un sujet sensible et personnel. C'est un sujet qui peut même être délicat à aborder entre amis proches, alors avec des inconnus n'en parlons même pas. Vous avez le droit d'être curieux.se, cet article est là pour ça, mais vous avez surtout le devoir de garder cette curiosité pour vous.
Note : on parlera toujours de transition, et non pas de "transformation", puisqu'une personne trans avant / après une transition est toujours la même personne, elle ne se transforme pas tel un Pokémon ! De même, on parle de personnes transgenres et pas de personnes "transexuelles" : "transexualité" était le terme médical utilisé lorsque la transidentité était considérée comme une maladie, on n'utilise donc plus ce terme, qui est ressenti comme offensant par beaucoup de personnes trans.