Cet article est rédigé dans un style relativement binaire puisqu'il répond à une question supposant une séparation binaire entre hommes et femmes. Bien entendu le vécu des personnes trans ou non binaires est totalement légitime.
INTRODUCTION
Lorsqu'on regarde la définition du sexisme par le dictionnaire le Robert on peut lire "sexisme : attitude de discrimination fondée sur le sexe, (spécialement, discrimination à l'égard du sexe féminin)". L'encyclopédie Universalis précise encore : "Le terme de sexisme sert à désigner l'ensemble des institutions (socio-politiques, économiques, juridiques, symboliques) et des comportements, individuels ou collectifs, qui semblent perpétuer et légitimer la domination des hommes sur les femmes.". Pourtant d'autres dictionnaires sont moins précis, et parlent uniquement d'une "attitude discriminatoire fondée sur le sexe", sans autre précision. Alors, qui croire ?
La réponse se trouve dans le domaine qui a mis au point la notion de sexisme : la sociologie. En sociologie on cherche notamment à étudier les rapports entre les individus, et lorsqu'il s'agit des rapports hommes / femmes on observe un rapport de domination, c'est-à-dire que dans la société, les hommes sont placés au dessus des femmes. Il existe cependant des différences individuelles, donc bien sûr que certains hommes subissent des actes malveillants à cause de leur sexe, mais le rapport de domination n'est pas pour autant renversé : la sociologie est une science (sociale) et en science lorsqu'on étudie un phénomène on ne peut pas faire d'un cas isolé une généralité. Dans la définition sociologique du sexisme on retrouve d'ailleurs l'idée d'une oppression systémique (qu'on ne voit pas forcément dans les définitions simplifiées du dictionnaire), ce qui signifie que c'est une oppression que subiront toutes les personnes ou presque de la catégorie concernée : dans le cas présent, cela signifie que toutes les femmes ou presque subiront du sexisme au cours de leur vie, ce qui n'est absolument pas le cas des hommes.
Il faut se souvenir que le dictionnaire donne des définitions extrêmement rudimentaires : pour "physique quantique" on trouve "ensemble de théories physiques nées entre 1900 et 1930 et qui cherchent à expliquer le comportement des atomes et des particules", donc aucun mot sur la relativité ou son application macroscopique ; en bref une bien mauvaise définition d'un sujet vaste et complexe. Il en va donc de même pour le sexisme ! Une définition qui laisserait entendre que les hommes peuvent aussi subir du sexisme est simplement une définition simpliste et simplifiée, qui ne rend pas compte de la réalité sociologique.
La réponse se trouve dans le domaine qui a mis au point la notion de sexisme : la sociologie. En sociologie on cherche notamment à étudier les rapports entre les individus, et lorsqu'il s'agit des rapports hommes / femmes on observe un rapport de domination, c'est-à-dire que dans la société, les hommes sont placés au dessus des femmes. Il existe cependant des différences individuelles, donc bien sûr que certains hommes subissent des actes malveillants à cause de leur sexe, mais le rapport de domination n'est pas pour autant renversé : la sociologie est une science (sociale) et en science lorsqu'on étudie un phénomène on ne peut pas faire d'un cas isolé une généralité. Dans la définition sociologique du sexisme on retrouve d'ailleurs l'idée d'une oppression systémique (qu'on ne voit pas forcément dans les définitions simplifiées du dictionnaire), ce qui signifie que c'est une oppression que subiront toutes les personnes ou presque de la catégorie concernée : dans le cas présent, cela signifie que toutes les femmes ou presque subiront du sexisme au cours de leur vie, ce qui n'est absolument pas le cas des hommes.
Il faut se souvenir que le dictionnaire donne des définitions extrêmement rudimentaires : pour "physique quantique" on trouve "ensemble de théories physiques nées entre 1900 et 1930 et qui cherchent à expliquer le comportement des atomes et des particules", donc aucun mot sur la relativité ou son application macroscopique ; en bref une bien mauvaise définition d'un sujet vaste et complexe. Il en va donc de même pour le sexisme ! Une définition qui laisserait entendre que les hommes peuvent aussi subir du sexisme est simplement une définition simpliste et simplifiée, qui ne rend pas compte de la réalité sociologique.
Le sexisme ne concerne donc, par définition, uniquement les femmes.
(et les personnes sexisées)
(et les personnes sexisées)
"Pourtant les hommes aussi subissent des conséquences du patriarcat !"
Tout à fait ! Depuis l'enfance les hommes subissent des injonctions à la virilité : refouler leurs émotions, être dominants, sexuellement actifs, avoir un pénis endurant et long... Toutes ces injonctions ont des conséquences néfastes sur le développement affectif et psychologique des jeunes garçons : par exemple, par honte les hommes iront beaucoup moins chercher de l'aide en cas de dépression / pensées suicidaires, causant ainsi un taux de suicide près de trois fois plus élevé que chez les femmes. C'est la conséquence la plus visible, mais c'est loin d'être la seule : les pères s'impliquent beaucoup moins dans l'éducation de leurs enfants car les femmes sont socialisées à le faire, lorsqu'ils sont victimes d'une agression - voire même d'un viol - ils ne sont pas pris au sérieux ou sont moqués, ils sont socialisés à avoir beaucoup plus de conduites à risques (conduire vite, boire, fumer, se droguer...) induisant une espérance de vie plus faible, etc.
"Alors on peut dire que les hommes aussi subissent du sexisme"
NON
Même si le sexisme sert d'idéologie de base du patriarcat, on ne peut pas dire que toutes les conséquences du patriarcat sont liées au sexisme. Le patriarcat se définit comme « une forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes, à l'exclusion explicite des femmes ». En sociologie, lorsqu'on étudie les rapports sociaux de sexe on s'aperçoit que les rapports entre hommes et femmes sont ceux de dominants / dominés : la société patriarcale place les personnes sexisées dans une positions d'oppressé.e.s, induisant ainsi les hommes comme oppresseurs. Les conséquences du patriarcat sont d'ailleurs très majoritairement favorables aux hommes :
- salaires plus élevés (2,7% supérieurs à même niveau hiérarchique, même entreprise et mêmes fonctions, 17% tous niveaux hiérarchiques confondus)
- plus d'opportunités professionnelles (les femmes sont 51% à être diplômées de l’enseignement supérieur, mais les 40% d'hommes (pour une licence professionnelle) sont 86% à devenir cadres, contre 69% pour les femmes, chez les employés non qualifiés les hommes ont en moyenne deux fois plus de promotions que les femmes)
- beaucoup moins de risques d'être violés (91,2% des victimes de viol sont des femmes) mais sont surreprésentés parmi les agresseurs (96,3% des violeurs sont des hommes)
- 3,7 fois moins de risque d'être tué au sein du couple
- gestion avantageuse de la parentalité : l'arrivée d'un enfant fait chuter de 20 à 40% le salaire des mères, mais n'impacte pas celui des pères (il peut même augmenter pour les salaires les plus élevés)
Il ne s'agit là que d'exemples quantifiables, mais il faut saisir que le vécu des femmes est constamment constitué de micro-agressions sexistes (regards lubriques dans la rue, harcèlement de rue, drague lourde et intempestive, peur constante dans la rue et les transports en commun, réflexions sur ses vêtements en fonction des risques d'agression, charge mentale énorme...), choses dont les hommes n'ont souvent même pas conscience.
"Les hommes ont-ils réellement intérêt à détruire le patriarcat alors ?"
Bien sûr que la destruction du patriarcat serait aussi bénéfique aux hommes. Déconstruire la masculinité toxique et les injonctions virilistes ne peut être que positif !
- de nombreux hommes homosexuels ou transgenres ne se reconnaissent généralement pas dans ces stéréotypes, ce qui leur cause souvent beaucoup de souffrance (en plus du harcèlement et des agressions que cela peut engendrer)
- abolir l'idée selon laquelle un homme désirerait constamment des relations sexuelles (idée largement véhiculée par les groupes masculinistes) permettrait une meilleure considération et prise en charge des hommes victimes de viols (qui sont actuellement majoritairement pris en charge par des associations féministes)
- accepter de prendre soin de sa santé mentale et faire la paix avec ses émotions permettrait de réduire les comportements à risque et les dépressions chez les hommes, et ainsi augmenter leur espérance de vie
- une meilleure répartition de la charge mentale permettrait d'améliorer la longévité des couples
- une sexualité non pénétrative serait bien plus épanouie et jouissive pour les deux partenaire, permettant d'explorer de nouvelles pratiques (plaisir prostatique, clitoridien...), l'orgasme féminin étant toujours le fait du clitoris (qu'il y ait pénétration ou non). Le livre Jouissance Club: Une cartographie du plaisir de Jüne Plã (et le compte instagram @Jouissance_club associé) développent cette nouvelle vision de la sexualité
Conclusion
L'abolition du patriarcat est donc bien l'affaire de toustes, quel que soit leur genre, car nous en souffrons toustes. Il ne s'agit bien sûr pas d'invisibiliser les souffrances masculines, qui sont bien entendu tout aussi légitimes, mais les mots ont un sens qui doit être respecté ! Depuis la nuit des temps les femmes sont reléguées au second plan (parfois même au rang d'objets), n'ayant pas accès aux droits fondamentaux, et même si les choses commencent à changer, le sexisme systémique ne s'exerce que sur les femmes, il est donc incorrect de parler de "sexisme anti-homme".
En effet, le sexisme est bien une oppression systémique, pas le fruit d'actes isolés ; c'est la même chose pour le harcèlement, qui se différencie de la simple violence par son caractère répété. Pour autant, même la souffrance des personnes qui subissent un acte de violence isolé n'est pas moins légitime que celle des personnes harcelées, on n'utilisera cependant pas le mot harcèlement pour la décrire ; c'est la même chose ici ! Les souffrances masculines sont légitimes, mais le terme "sexisme" ne peut s'y appliquer.
En effet, le sexisme est bien une oppression systémique, pas le fruit d'actes isolés ; c'est la même chose pour le harcèlement, qui se différencie de la simple violence par son caractère répété. Pour autant, même la souffrance des personnes qui subissent un acte de violence isolé n'est pas moins légitime que celle des personnes harcelées, on n'utilisera cependant pas le mot harcèlement pour la décrire ; c'est la même chose ici ! Les souffrances masculines sont légitimes, mais le terme "sexisme" ne peut s'y appliquer.
Sources
- « Suicide rates, age-standardized Data by country », OMS, 4 avril 2017
- Pierre Bonte et Michel Izard, Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Presses universitaires de France, 1991
- « Are women paid less than men for the same work? », The Economist, 1er août 2017
- l’Innovation, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de. « La Parité Dans l’enseignement Supérieur - État de l’Enseignement Supérieur, de La Recherche et de l’Innovation En France N°14 ». La Parité Dans l’enseignement Supérieur - État de l’Enseignement Supérieur, de La Recherche et de l’Innovation En France N°14
- La promotion professionnelle : un ascenseur à deux vitesses ? − L’égalité professionnelle : Où en est-on ? | Insee
- https://www.victimedeviol.fr/concernant-les-victimes.html
- étude de 2016 : 109 femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon et 29 hommes tués (https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/wp-content/uploads/2017/09/Etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-annee-2016.pdf)
- Wilner, Lionel. « Worker-Firm Matching and the Parenthood Pay Gap: Evidence from Linked Employer-Employee Data ». Journal of Population Economics, vol. 29, no 4, octobre 2016
- Masters WH, Johnson V. Human sexual response. Boston : Little Brown, 1966.