Les personnes intersexes sont toutes les personnes dont les caractères sexuels ne correspondent pas entièrement aux sexes féminin ou masculin. Les personnes non intersexes sont dyadiques. C'est une notion biologique complexe, qui regroupe trois catégories :
Pourtant ces opérations ne sont absolument pas nécessaires, si ce n'est pour conformer des enfants à des schémas sociétaux binaires. Les conséquences sont pourtant dévastatrices : les opérations et leurs suites sont douloureuses, traumatisantes, et le sexe assigné de force à un enfant peut aboutir à de nombreux complexes au cas où l'enfant ne s'y reconnaîtrait pas. De plus, le consentement de l'enfant n'est absolument pas pris en compte.
De très nombreux médecins appellent donc à l'attente, à laisser l'enfant atteindre la puberté pour qu'iel puisse choisir librement s'il souhaite être traité médicalement ou non.
- des organes génitaux atypiques (clitoris jugé trop développé, absence d'utérus ou utérus atrophié, pénis jugé trop peu développé, gonades* mixtes...)
- une production d'hormones atypique (taux de testostérone élevé chez une femme ou peu élevé chez un homme, insensibilité totale ou partielle à certaines hormones...)
- des caryotypes* (constitution chromosomique) atypique (caryotype XXY, Y ou X, des gènes sur les mauvais chromosomes...)
Pourtant ces opérations ne sont absolument pas nécessaires, si ce n'est pour conformer des enfants à des schémas sociétaux binaires. Les conséquences sont pourtant dévastatrices : les opérations et leurs suites sont douloureuses, traumatisantes, et le sexe assigné de force à un enfant peut aboutir à de nombreux complexes au cas où l'enfant ne s'y reconnaîtrait pas. De plus, le consentement de l'enfant n'est absolument pas pris en compte.
De très nombreux médecins appellent donc à l'attente, à laisser l'enfant atteindre la puberté pour qu'iel puisse choisir librement s'il souhaite être traité médicalement ou non.
Une barbarie non nécessaire
TW violences sexuelles faites aux personnes intersexes
Il faut bien comprendre la violence représentée par ces opérations. On parle là d' "ablation de gonades ou d’utérus jugés en trop, construction ou dilatation de vagins jugés trop petits, réduction de clitoris jugés trop grands, redressement de pénis jugés tordus, prescription d’hormones sexuelles, hormonothérapie de substitution à vie... Dans nos hôpitaux, on opère un enfant pour qu’il urine debout, car c’est ainsi que les garçons doivent uriner. Dans nos hôpitaux, on réduit le clitoris d’une enfant ou on agrandit son vagin par bougirage, car c’est ainsi [par pénétration] que les filles doivent avoir des rapports sexuels."*
Le bougirage est une pratique qui fait suite à la création artificielle d’un trou dans l’organisme alors qu’il n’en comporte pas, mais comme l’orifice se referme le bougirage permet de le maintenir ouvert. Sur demande des médecins, les parents mettent donc une « bougie » à leur enfant, lorsqu’on assigne les intersexes en filles, pour dilater l'orifice ainsi obtenu (même s'il semble que cet acte soit de moins en moins pratiqué, nécessitant une deuxième opération à la puberté).
Cette violence est-elle nécessaire ? Est-ce pour assurer la sécurité ou la santé de ces enfants mutilés ? Non, il ne s'agit là que de conformer des corps atypiques aux visions binaires et hétérocentrées d'une société qui refuse de remettre ses préjugés en question, c'est pour que les médecins puissent cocher "F" ou "M" sur une carte d'identité, quitte à traumatiser ou violenter des enfants.
Depuis des dizaines d'années les associations de défense des droits des personnes intersexe demande la pénalisation des interventions précoces, ce qui n'est toujours pas le cas en France.
Le bougirage est une pratique qui fait suite à la création artificielle d’un trou dans l’organisme alors qu’il n’en comporte pas, mais comme l’orifice se referme le bougirage permet de le maintenir ouvert. Sur demande des médecins, les parents mettent donc une « bougie » à leur enfant, lorsqu’on assigne les intersexes en filles, pour dilater l'orifice ainsi obtenu (même s'il semble que cet acte soit de moins en moins pratiqué, nécessitant une deuxième opération à la puberté).
Cette violence est-elle nécessaire ? Est-ce pour assurer la sécurité ou la santé de ces enfants mutilés ? Non, il ne s'agit là que de conformer des corps atypiques aux visions binaires et hétérocentrées d'une société qui refuse de remettre ses préjugés en question, c'est pour que les médecins puissent cocher "F" ou "M" sur une carte d'identité, quitte à traumatiser ou violenter des enfants.
Depuis des dizaines d'années les associations de défense des droits des personnes intersexe demande la pénalisation des interventions précoces, ce qui n'est toujours pas le cas en France.
Nota Bene
- Le terme "hermaphrodisme" recouvre les animaux capables de changer de sexe (comme l'escargot) ou les animaux et plantes possédant deux organes reproducteurs fonctionnels, et ne correspond donc pas à l'intersexuation.
- Il ne faut pas confondre l'intersexuation avec la transidentité : une personne transgenre est une personne qui ne se reconnaît pas dans le genre qui lui a été assigné à la naissance, mais qui peut être dyadique.
- L'intersexuation n'est pas une maladie
Précisions sur les termes en italique :
- les gonades sont les organes produisant les gamètes reproductrices (ovaires ou testicules)
- nos caractéristiques génétiques sont définies par notre ADN, qui est porté par nos chromosomes. Les chromosomes sont situés dans les noyaux des cellules et sont répartis en paires (23 paires chez l'Humain, en général). La paire des chromosomes sexuels code les caractéristiques sexuelles : normalement, un homme possède des chromosomes XY et une femme XX. Il arrive cependant que lors du développement de l'embryon des anomalies se produisent, ce qui peut aboutir à des chromosomes atypiques
Quelques comptes à suivre sur le sujet
Sources
- Les comptes rendus des groupe d’études: Discriminations et LGBTQI-phobies dans le monde - Table ronde portant sur les mutilations subies par les personnes intersexuées à leur naissance - Assemblée nationale
- « Fiches pratiques : Le respect des droits des personnes intersexes ». Gouvernement.fr
- Conseil de l’Europe. Droits de l’homme et personnes intersexes. Document thématique publié par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Strasbourg, 2015.
- il n'existe pas d'étude en France, mais en Allemagne 96% des enfants intersexes sont opérés ou traités dès la naissance, et on estime que ce chiffre est similaire dans tout l'Occident
*citation de B. Lachaud, (Catto, Marie-Xavière. « La loi de bioéthique et les intersexes ». Journal du Droit de la Sante et de l Assurance - Maladie (JDSAM), vol. 25, no 1, novembre 2020, p. 64‑76. www.cairn.info)